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Connaître les lois régissant le travail à domicile

février 21, 2013

L’Assemblée nationale a adopté depuis 2011 un texte de loi qui encadre le travail à domicile. La loi reprend essentiellement l’accord national professionnel de 2005. Plusieurs textes de lois sont prévus dans le code du travail régissant le travail à domicile. Quelles en sont les dispositions générales, les salaires et les rémunérations ainsi que l’hygiène et la sécurité pour cette nouvelle forme de travail ?.

Les dispositions générales :

Art. L.721-1. Sont considérés comme travailleurs à domicile ceux qui satisfont aux conditions suivantes :

– 1° Exécuter, moyennant une rémunération forfaitaire, pour le compte d’un ou plusieurs établissements industriels, artisanaux ou non, commerciaux ou agricoles, de quelque nature que soient les établissements, qu’ils soient publics ou privés, laïcs ou religieux, même s’ils ont un caractère d’enseignement professionnel ou de bienfaisance, un travail qui leur est confié soit directement, soit par un intermédiaire ;

– 2° Travailler soit seuls, soit avec leur conjoint ou avec leurs enfants à charge au sens fixé par les articles L. 313-3 et R. 313-12 du nouveau code de la Sécurité Sociale, ou avec un auxiliaire.

Art. L.721-2. Conservent la qualité de travailleur à domicile ceux qui en même temps que le travail, fournissent tout ou partie des matières premières mises en œuvre, lorsque ces matières premières leur sont vendues par un donneur d’ouvrage qui acquiert ensuite l’objet fabriqué ou par un fournisseur indiqué par le donneur d’ouvrage et auquel les travailleurs sont tenus de s’adresser.

Art. L. 721-3. Sauf dans le cas prévu au paragraphe 2° de l’article L. 721-1, la réunion des travailleurs à domicile dans un même local, pour exécuter des tâches complémentaires les unes des autres, confère à ces travailleurs la qualité d’ouvriers en atelier.

Art. L. 721-4. Est soumis aux dispositions du présent chapitre tout chef d’établissement industriel, artisanal ou non, commercial ou agricole, de quelque nature que soit l’établissement intéressé, qu’il soit public ou privé, laïcs ou religieux même s’il a un caractère d’enseignement professionnel ou de bienfaisance, qui occupe, régulièrement ou non, habituellement ou non, un ou plusieurs travailleurs à domicile.

Ce chef d’établissement, dit donneur d’ouvrage, est responsable de l’application de l’ensemble des dispositions législatives et réglementaires applicables aux salariés, même s’il utilise un intermédiaire.

Art. L.721-5. Le travailleur à domicile qui utilise le concours d’un auxiliaire est responsable de l’application à celui-ci de l’ensemble des dispositions législatives et réglementaires applicables aux salariés, sous réserve de l’application de l’article L. 125-2.

Art. L.721-6. Les travailleurs à domicile bénéficient des dispositions législatives et réglementaires applicables aux salariés.

[(L. n° 82-957 du 13.11.82). Ils bénéficient des dispositions conventionnelles liant le donneur d’ouvrage, sauf stipulations contraires dans les conventions ou accords collectifs de travail en cause.]

Art. L. 721-7. Tout donneur d’ouvrage doit adresser à l’inspecteur du travail et de la main-d’oeuvre une déclaration au moment où il commence ou cesse de faire effectuer du travail à domicile.

Les dispositions sur les salaires : 

Art. L. 721-9. Le tarif minimum applicable aux travaux exécutés à domicile est le produit du salaire fixé conformément aux dispositions des articles L. 721-12 et L. 721-14 par les temps d’exécution fixés conformément aux dispositions des articles L. 721-10, L. 721-11 et L. 721-13; à ce tarif s’ajoutent d’une part, les frais d’atelier et frais accessoires prévus à l’article L. 721-15, d’autre part, le cas échéant, les majorations prévues à l’article L. 721-16.

Il est interdit aux donneurs d’ouvrage d’appliquer aux travaux qu’ils donnent à exécuter à domicile des tarifs inférieurs aux tarifs minimaux ci-dessus définis.

Art. L. 721-10. Dans les branches professionnelles occupant des travailleurs à domicile, le tableau des temps nécessaires à l’exécution des travaux en série et de ceux qui peuvent être préalablement décrits pour les divers articles et les diverses catégories de travailleurs est établi par les conventions ou accords collectifs de travail.

Art. L.721-11. A défaut de convention ou accord collectif de travail étendu, le préfet dresse le tableau de ces temps, après avis d’une commission composée de six membres (trois employeurs et trois travailleurs) désignés selon la nature de l’industrie, après consultation des organisations patronales et ouvrières intéressées les plus représentatives et avis du directeur départemental du travail et de la main-d’œuvre.

Un arrêté conjoint du ministre chargé du travail, du ministre de l’intérieur et du ministre chargé des finances détermine les conditions dans lesquelles les membres employeurs sont indemnisés de leurs frais de déplacement et les membres travailleurs de leurs frais de déplacement et de leurs pertes de salaires. Les dépenses en résultant sont portées, moitié au budget du ministère chargé du travail et moitié au budget du département intéressé.

Les salaires fixés par les conventions collectives de travail ayant fait l’objet d’un arrêté ministériel d’extension sont applicables aux travailleurs à domicile compris dans le champ d’application de ces conventions, sauf indication contraire de la convention collective ou de l’arrêté d extension.

Art. L. 721-12. A défaut de convention ou accord collectif de travail étendu, ou lorsque les salaires pratiqués en atelier sont sensiblement supérieurs aux taux horaires prévus par la convention collective applicable, le préfet, après avis conforme de la commission prévue à l’article L. 721-11 constate le salaire habituellement payé dans la région aux ouvriers de la même profession et d’habileté moyenne travaillant en atelier et exécutant les divers travaux courants de la profession.

 Dans les régions où, pour les professions en cause, le travail à domicile est seul pratiqué, le préfet, sur avis de la même commission, fixe le taux horaire du salaire d’après le salaire des ouvriers d’habileté moyenne exécutant en atelier des travaux analogues dans la région ou dans des régions similaires.

Le taux horaire de salaire ainsi fixé peut être révisé soit d’office, soit sur la demande des employeurs ou des travailleurs intéressés, lorsque des variations de salaires se sont produites d’une manière générale dans l’industrie en cause.

Art. L. 721-13. Le ministre chargé du travail peut soit spontanément, soit à la demande d’une organisation professionnelle ou de toute personne intéressée, fixer, par arrêté, pour une partie ou pour l’ensemble du territoire, les temps d’exécution de certains travaux à domicile, après avis, s’il s’agit de plusieurs départements des commissions départementales compétentes ou, s’il s’agit de l’ensemble du territoire, d’une commission nationale des temps d’exécution dont la composition est fixée dans chaque cas par arrêté du ministre chargé du travail.

Art. L. 721-14. Le ministre chargé du travail peut, soit spontanément, soit à la demande d’une organisation professionnelle, fixer par arrêté, pour une partie ou pour l’ensemble du territoire, les taux horaires de salaires applicables à certaines professions, après avis, s’il s’agit de plusieurs départements, des commissions départementales compétentes mentionnées à l’article L. 721-11 et, s’il s’agit de l’ensemble du territoire, d’une commission nationale de salaires dont la composition est fixée dans chaque cas par arrêté du ministre chargé du travail après consultation des organisations d’employeurs et de travailleurs intéressées les plus représentatives.

Dans le cas où le salaire horaire fixé par un arrêté ministériel ou préfectoral pour servir de base au calcul des tarifs d’exécution est inférieur au montant cumulé du salaire minimum national interprofessionnel de croissance établi en exécution des articles L. 141-4 et L. 141-5 et des indemnités, primes ou majorations susceptibles de s’y ajouter, les tarifs d’exécution doivent être complétés dès la date d’entrée en vigueur du texte modifiant ledit salaire minimum et sans attendre la publication d’un arrêté préfectoral ou ministériel.

Art. L. 721-15. Les frais d’ateliers afférents notamment au loyer, au chauffage et à l’éclairage du local de travail, à la force motrice, à l’amortissement normal des moyens de production, ainsi que les frais accessoires sont déterminés suivant la procédure définie à l’article L. 721-12.

Art. L. 721-16. Lorsque les délais fixés par le donneur d’ouvrage pour la remise du travail imposent au travailleur à domicile de prolonger son activité au-delà de huit heures par jour ouvrable, le tarif d’exécution est majoré, sauf disposition plus favorable d’une convention collective ou d’un accord collectif de travail :

* de 25 % au minimum pour les deux premières heures ainsi accomplies;

* de 5O % au minimum, pour les heures suivantes.

Le droit des intéressés à ces majorations est apprécié sur la base des temps d’exécution définis conformément aux articles L. 721-12, et compte tenu, le cas échéant, des concours auxquels le travailleur à domicile peut recourir, conformément à l’article L. 721-1 (2°).

Lorsque le donneur d’ouvrage remet un travail à livrer dans des délais tels que celui-ci ne peut être terminé qu’en travaillant le dimanche ou un jour de fête légale, le travailleur bénéficie des majorations prévues par la convention ou l’accord collectif de travail applicable pour le travail exécuté le jour de repos hebdomadaire ou les jours fériés.

Art. L. 721-17. La valeur des matières premières et des fournitures accessoires que le travailleur à domicile est tenu de se procurer en tout ou en partie ne peut constituer un élément du tarif et doit faire l’objet d’un remboursement séparé.

Lorsque le travailleur est tenu de prendre les fournitures accessoires chez l’employeur, celles-ci doivent lui être fournies gratuitement.

Les dispositions sur l’hygiène et la sécurité

Art. L. 721-22. Des arrêtés du ministre chargé du travail peuvent déterminer les catégories de travaux qui, en raison des dangers qu’ils présentent pour la santé des ouvriers, ne peuvent être effectués par des travailleurs à domicile, que dans les conditions fixées par le présent article.

Les chefs d’établissement, directeurs gérants ou préposés qui font exécuter à domicile des travaux compris dans un arrêté pris en exécution de l’alinéa précédent sont responsables de l’application aux ouvriers à domicile et aux auxiliaires que ceux-ci peuvent employer des mesures de protection individuelles prévues par les dispositions des décrets en Conseil d’Etat mentionnés à l’article L. 231-2 du présent code.

Dans le cas où le travailleur à domicile et ses auxiliaires éventuels exécutant des travaux ci-dessus sont occupés dans des conditions ne répondant pas aux prescriptions d’hygiène du travail, l’inspecteur du travail peut mettre le donneur d’ouvrage en demeure de cesser de recourir aux services de ce travailleur pour l’exécution des travaux à domicile.

Art. L. 721-23. Un décret en Conseil d’Etat pris sur rapport des ministres intéressés déterminera les conditions dans lesquelles la surveillance médicale prévue à l’article L. 771-8 pourra être rendue applicable aux travailleurs à domicile.

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